Jeudi 10 avril 2008

C’est l’été. Une période peu propice à une épidémie de gastro entérite, par conséquent, c’est bien le stress qui provoque ces maux de ventre et cette nausée…

La veille de mon « rencard » je vois une amie. Elle me conseille, me rassure, me motive. A vrai dire je n’ai plus du tout envie de le rencontrer. Trop peur que tout s’effondre.

 

Je dors peu, je dors mal, je vis encore chez mes parents et le lendemain, me voici à suer sang et eau à la gare en tentant de contrôler les battements de mon cœur et les spasmes gastriques de mon estomac noué.

 

Le voilà…

 

Ma première rencontre du virtuel au réel.

 

Et il a effectivement une « belle gueule ». Très lisse. Très… belle. Pas charmante, ou craquante, mais , ouais belle quoi, disons qu’il y a rien à redire, ok ! Oui c’est un beau mec.

Il sourit pas beaucoup et a le regard un peu vide mais bon. Oui, c’est un beau mec. De corps aussi il a l’air bien bâti ce garçon. Attend je regarde mieux. S’il marchait pas comme un cow boy je pourrais ptet mieux voir….

Bon, c’est le début, il est beau, il le sais peut être un peu, mais il va bien finir par se rendre compte que je n’ai aucun appareil photo à la main et qu’il peut arrêter de faire semblant de poser hein !

 

« salut – ça va – oui et toi ? cool… - ok – par là…. »

Laborieux.

 

« je suis garée là »

Petit détail, j’avais piqué la voiture de mes parents, que mon frère, ma sœur et moi appelions « le paquebot ». Une Opel Vectra familiale habituée à la conduite très peu sportive de mon paternel et dont le kilométrage avait depuis longtemps atteint les 6 chiffres.

Pas très sexy, mais c’était ça ou la 4L…

 

Le trajet qui nous conduit de Saverne à Strasbourg est… c’est bien simple je ne m’en souviens plus !

La seule chose dont je me souvienne, c’est d’avoir longuement tergiversé entre les « merde, il doit être super déçu pour pas lâcher un sourire », les « merde, je suis super déçue, ce mec lâche pas un sourire » et les « bon, calme, c’est Laurent, le type cool sur lequel tu fantasmes depuis des mois, il va bien finir par avoir des crampes à force de poser comme un playboy, et après tout ira bien »

 

Arrivée chez le photographe.

Fermé.

 

Ok.

Là j’essaie de me raisonner. Et d’ironiser. C’est un type qui a l’air super cool et à l’aise, il ets vachement souriant, ça doit être une bonne pâte et ce petit incident de parcours ne va pas du tout lui faire tirer la tronche toute l’aprem.

Toujours est il que le mec… il fait 200 bornes pour passer chez un gars, mais il pas pensé à passer un coup de fil avant.

Bon calmons nous c’est « Laurent », tant pis, quand nous vivrons ensemble avec nos enfants c’est moi qui m’occuperait de toute la partie administrative.

Bon ! Maintenant, trouver une « occupation ».

Il adore le ciné… oui ! Et en plus le plus grand UGC Ciné Cité d’Europe a ouvert il y a peu ! voilà c’est parfait ! Lui en mettre plein les mirettes en abordant un thème qui le passionne.

Et je vais me garer devant chez Pascale, comme ça on évite le parking. Trop facile.

 

….

 

1h plus tard je suis perdue en plein Neuhof.

Je précise juste, pour les « non-strasbourgeois » : le Neuhof est un quartier dit « sensible » voir même « qui déchire ta face » et se trouve à environ 2 km de l’endroit où je voulais me rendre….

 

J’hésite…

  1. je l’éjecte de ma voiture en lui disant que je m’appelle Bernadette, que j’ai volé la voiture d’une certaine Estelle, qu’il oublie tout ça et que je l’emmerde
  2. je m’arrête au bord de la route, je sors, et j’alterne allègrement les crises de larmes et de fou rire
  3. je m’accroche et je tente de sauver les meubles.

 

J’opte pour la solution N°3 même si mes meubles n’ont plus guère que la valeur d’une table basse Ikea qui serait passé de générations en générations.

Et le pire, c’est que j’ai uen fâcheuse tendance à rire nerveusement quand je suis stressée. A ce moment là, nous ressemblons à Shirley et Dino. Lui, toujours engoncé dans sa stature de parade de majorette, moi dans le rôle de la pouffiasse hystérique. Main moîtes sur le volant, je continue ma route.

 

Une petite heure d’égarement plus tard, nous voilà au ciné.

Cool, enfin !

merci,

salut…

fiasco.

 

Le seul moment vraiment joussif de la journée restera celui où je le déposerai à la gare. Enfin détendue, à repenser à cette folle (et foireuse) journée.

A comprendre pour la première fois le phénomène de l’idéalisation/désillusion. Seuls sentiments finalement, que nous aurons partagé.

 

Bizarrement je continuerai d’avoir de ses nouvelles ensuite. De manière beaucoup moins « passionnel » et plus « sereine ». Evidement.

 

Et contre toute attente, plus d’un an plus tard, j’aurais l’occasion de me rattrapper et de lui prouver que non, je ne suis pas une campagnarde en exil incapable de se repérer dans une ville de plus de 500 habitants !

Motivée je suis….

... pire encore ça sera !


 

A suivre…

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