Début 2001… année charnière, je découvre les joies d’Internet et du téléphone portable. Plus rien ne sera jamais comme avant, comme la plupart, plus jamais je ne pourrais m’imaginer sans, comme avant…
Peu importe…
2001, donc, je connais Internet, mais n’y porte pas d’intérêt particulier. Un soir, au hasard, je franchis la porte d’un cyber café avec une amie.
Pas de chance, le type qui gère le café est très sympa et nous parle rapidement des « chat », et notamment de caramail qui fait alors un véritable carton ! Initiées, conquises…
Et un jour, mon cyber-chemin fraîchement tracé rencontre celui de Laurent.
Il sera ma première émotion virtuelle. Il sera le premier à me prouver que l’impossible : « craquer pour un type que tu n’as jamais vu » n’est pas si impossible que ça. Je me souviens avec nostalgie (et un peu de honte quand même) de tous ces soirs où je prenais la voiture des parents pour me rendre au cyber café. Accroc… et à cran quand les volets métalliques étaient fermés. Il est juste fort dommage qu’à l’époque je n’ai pas été suffisamment initiée à Internet pour pouvoir me procurer un lance flamme sur un sombre site de vente d’armes illégales. Auquel cas, j’aurais pu apaiser ma haine et ma souffrance quand je me trouvais devant une porte close…
Rien ne comptait plus que nos échanges virtuels. Je me réjouissais des moindres signes qui m’étaient adressés, et surtout, je me vautrais avec délectation dans la masse opaque de l’idéalisation et de mes fantasmes.
J’avais 20 ans : il était beau, il était drôle, il avait de l’assurance.
J’en ai 27 aujourd’hui : il n’avait aucun charisme, il était lourd, et il se la pétait méchamment.
J
Laurent. C’est avec lui que j’ai découvert, aussi, « le pouvoir du texto ». Rien ne me mettait plus en transe que l’affichage de l’enveloppe 10 pixels sur mon téléphone de 12kg. Rien ne me rongeait plus que de devoir effacer l’un de ses messages pour faire de la place parce que mon portable ne pouvait en contenir que 10.
Il fut mes premiers « lol », il m’initia au « mdr »… que d’émotions !
Ma mobicarte Itineris ne me permettant pas de lui téléphone plus de 12mn/100frs je me souviens du temps passé dans des cabines téléphoniques à m’extasier sur sa voix. Ce timbre, cette réalité…. Cette promesse de le voir bientôt : il habitait Nancy (un lorrain en plus… vous pouvez définitivement vous foutre de moi désormais)
Nous nous échangions timidement des photos que nous scannions avec amour (et vacarme, souvenez-vous des scanners 2001, l’appareil photo numérique étant encore alors une nouveauté technologique peu abordable). Qu’il était beau avec ses lunettes de soleil, son air sérieux ses cheveux noirs légèrement gominés…
Il me parlait de ses projets : le mannequinat, mais sans laisser tomber pour l’instant son boulot à la SNCF (au moment où j’écris cette phrase je suis prise d’un rire nerveux…) et j’avais confiance en lui, il venait d’ailleurs de passer un casting pour l’élection de mister France.
J’attendais, je patientais, je fantasmais.
Et un jour, la promesse de se voir.
Une date, un rendez-vous, une réalité.
Il devait passer une journée sur Strasbourg pour transmettre son book à un photographe. J'allais enfin le rencontrer...
Un jour… un rencard. Le regard plein d’étincelles j’espérais que nous brûlerions de désir l’un face à l’autre… à la place, je me suis complètement grillée et j’ai connu un rencard digne du fisaco de la traversée de Paris par la flamme olympique…
A suivre…