Mardi 8 mai 2007

Il y a quelques temps, assez pour que l’on puisse considérer qu’il y ait prescription, je subissais une opération dans le dos.

Sans entrer dans les détails (qui ont été données en temps réel « il y a quelques temps » ; les plus anciens lecteurs s’en souviennent peut être…) je me suis retrouvée pendant près de deux semaines avec un fil d’acier dans le dos.

 

Mon chirurgien m’avait mise en garde. Pas de mouvement brusque, pas de gestes amples. Oui, bon, ben ça tombe bien ! Bizarrement cette semaine là, je n’avais pas prévu dans mon planning de me mettre au lancer de javelot. Et tant pis pour le club des majorettes d’Holtzheim où j’habitais alors, ils devront se passer de moi. Quel dommage…

 

Non, rien de tout cela n’était affiché au planning. A la place j’avais prévu de passer 10 jours dans mon canap’ à souffrir en silence. Enfin, pas si en silence que ça, étant donné que je passais la majeure partie de mon temps à pleurnicher au téléphone « j’ai mâââaaal !!! » (*) , à me faire consoler par mes amis, à faire ma malheureuse et à me rassurer sur les liens qui m’unissent à ma mère en l’entendant souffrir avec moi au téléphone. Quoi ! je suis la chair de sa chair (un truc dans le genre) alors quand j’ai mal, elle a mal aussi ! Maman je t’aime.

Voilà pour mon planning.

 

Ah tiens ! J’avais aussi prévu une autre petite chose. Infime. Sans importance aucune… passer le week-end avec un « pote » et un ami à lui.

 

Bon.

Vous ne saurez rien de plus sur l’odieux stratagème mis en place par cet énergumène (appelons-le… Albert), sur la manipulation dont j’ai été victime, sur la scandaleuse façon dont j’ai été dupée, dont il a abusé de ma faiblesse de femme fragile, pour que finalement moi, blanche colombe, je me retrouve en fort fâcheuse posture avec ce crapaud là !

 

Toujours est-il que sans vouloir créer de raccourci rapide entre la manipulation d’un javelot et ce qui se passa ensuite, je n’ai de toute évidence pas suivit à la lettre les recommandations de mon chirurgien. Oui, parce qu’un javelot, quand même… non vraiment, soyons raisonnables Albert… :)

 

BREF.

Plus tard, vers 5h du matin (alors que nous devions nous lever vers 8h..) je passe à la salle de bain. Normal. Et là… Aie.

Je jette un œil sur le pansement qui recouvre ma cicatrice et je découvre l’horreur. L’extrémité du fil d’acier qui s’est littéralement tordu. Il a percé mon pansement et se retrouve désormais dans un angle à 90° perpendiculaire à mon dos. 

En gros, j’ai un centimètre de fil d’acier qui sort de mon dos. Et ça fait mal.

Le recourber ? Oui oui bien sur ! Moi aussi j’ai vu « seul au monde » quand il s’arrache la dent. Ben depuis je vais chez le dentiste et je prends plus l’avion. En matière de prise d’initiative et de self control face à la douleur je suis plutôt limitée. Pas le temps de prendre des cours avec un fakir. Je vous rappelle que je dois d’abord songer à mon initiation au lancer de javelot et à mon inscription prochaine au club de majorettes ! Peu importe. Ce fil d’acier retient une incision toute fraîche de 6 cm de longueur environ.

 

Faire comme si de rien n’était ? genre « eh dis donc, ça te dit on fume encore une clope tranquille ? » impossible. Déjà, Albert ne fume pas, et à moins que je ne me décide à me promener top less les 5 prochains jours, je dois agir. En effet, je ne peux enfiler aucun vêtement.

 

Dernière solution : assumer, avec un large sourire, genre « ah ha ha ! tu sauras jamais ce qui m’arrive ! ». Vous me direz… avoir l’air un peu con et en rire, ça va j’ai l’habitude, je vous rappelle que je pense avoir un lien de parenté avec ce cher Gaston L.

Mais là quand même… c’est un peu gênant ! Non pas que je ne connaisse pas Albert, mais bon, enfin je le connaissais pas tant que ça quand même quoi ! Elle a fière allure la blanche colombe à ce moment-là, je vous l’dis ! Une colombe à la broche, oui !

 

Je mégare, je m’égare.

Récapitulons.

J’ai un fil d’acier qui me sort dans le dos.

J’ai mal.

Je ne peux pas le tordre.

Je panique un peu en songeant à la balafre que ça risque de me faire.

J’aime beaucoup Albert, mais je le connais pas si bien que ça.

Il est 5h du matin je me lève dans 3h.

 

Seule solution, le couper. Avec des ciseaux c’est impossible. Pas assez coupant, ça risque de me le tordre dans la chair avant de rompre. 

Merde.

 

C’est donc tout sourire, avec un petit « ah ha ha, tu sauras jamais ce qui m’arrive ! ah ha ha » que je m’avance vers Albert qui commence déjà à roupiller (tous les mêmes…).

Dans la main, je tiens une pince qui sert à couper les fils électriques.

J’ai beau être habituée aux situations à la con, je ne me sens bizarrement pas très à l’aise là... à moitié nue, avec une pince en main, à demander à mon crapaud de me « couper le fil dans le dos ».

Néanmoins il s’est exécuté. Heureusement pour moi c’est un garçon plein d’humour qui s’est moqué de moi juste suffisamment pour que j’en rigole moi-même. Heureusement pour moi aussi il ne vit pas en Alsace et j'ai pu envisager de couper tout contact après ce malheureux incident...

 

Mais à vrai dire je n'ai pas coupé contact depuis, et je n’ai jamais osé lui demander de façon claire ce qu’il avait pensé de moi à ce moment-là.

Et je crois que je préfère ne pas savoir…

PS : oh tiens ! mais quel hasard ! c'est son anniversaire à ce cher Albert ! Joyeux anniversaire si tu passes par ici... ;)

 

(*) à ne pas confondre avec « j’ai mâle !!! » dans ce cas là, en général, j’utilise plutôt l’expression « j’ai pécho !!! »

 

;)


par est_ce_t_elle publié dans : "Tritscheries"

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