07h58, un matin comme tous les matins
Pas coiffée, comme d’hab…
Un mug attrapé en vitesse. Un café qui n’a pas finit de couler. Tant pis, pas le temps, vite…
Les infos de 8h… en sourdine.
Je suis en retard.
Ma veste, mes chaussures, doucement.
Ne pas le réveiller… l’embrasser doucement.
- tu pars ?
- je voulais pas te réveiller
- il a neigé ?
- non, mais ça gèle, je dois encore gratter les vitres
- je t’appelle à midi
- si t’es réveillé…
- 13h…
- je dois y aller
- bisou…
- bonne fin de nuit…
Gratter les vitres. Ne pas céder à la tentation de me refaufiler sous ma couette. Ne pas penser à lui qui dort si bien, ni à moi, qui ai si froid.
17h30, un soir au hasard
- on fait quoi ?
- je sais pas…
- je passe te chercher ?
- si tu veux. Quand ?
- tout de suite…
- plus tard ?
- pourquoi ?
- je suis fatiguée…
- t’es toujours fatiguée
- je viens de rentrer
- mouais…
- tu viens de te lever !
- j’ai bougé cet aprem !
- j’ai bossé cet aprem !
- je passe te chercher ?
- ok, passe me chercher…
Un café, une clope, un répit. Ma journée est déjà en partie achevée, la sienne vient à peine de débuter. S’accorder pour vivre ensemble.
une autre histoire, un peu plus tard
- j’ai envie de passer te voir…
- j’ai envie que tu passes me voir…
- je viens ?
- tu plaisantes ?
- pourquoi ?
- il neige !
- je prends le vélo…
- j’habite à 15 bornes !
- et alors…
- il fait nuit !
- je viens…
- non…
- pourquoi ?
- je passe te chercher
- t’es sure ?
- tu le passes quand ton permis ?
Se rhabiller, sortir, le chercher. Sourire… il serait vraiment venu à vélo sous la neige pour moi ?
Encore une autre histoire
- et tu veux faire quoi alors ?
- je sais pas, voyager, m’ouvrir au monde, on verra, je stresse pas, continuer mes études, m’en fous, advienne que pourra, peut être ci, peut être ça…
- et en attendant ?
- je picole, je sors, je fume, je suis jeune, je m’amuse !
- tu crois que je ne m’amuse plus parce que je bosse…
- si ! mais …
- mais nous ne vivons pas les choses de la même façon…
Non, nous en vivons pas du tout les choses de la même façon…
En conclusion, et à l’avenir…
- faut que je te présente un mec !
- oh… genre ?
- genre comme tu aimes
- et il fait quoi dans la vie ?
- t’es vénale…
- non je m’en fous qu’il soit avocat ou apprenti patissier, mais je veux qu’il bosse
- et qu’il ait un bon boulot
- si ça lui permets de porter aussi un peu quelques responsabilités…
- il bosse !
- tu me le présentes quand ?
Alors voilà. J’en ai eu des discussions sur le sujet « les femmes sont vénales ». Sans vouloir excuser l’attitude des bimbos qui souhaitent se faire entretenir, je dois bien avouer que j’ai tendance à comprendre qu’une femme se complaise dans une situation matérielle stable. Comme vous l’aurez compris, moi j’ai plutôt éccumé les relations où j’étais l’épaule solide sur laquelle mon quasi marginal de compagnon venait se reposer.
Alors oui aujourd’hui je n’ai plus envie d’être la seule à payer un loyer, des factures, à jouer les rabats joies en période de boulot intensive, et je ne veux plus vivre au rabais.
Les femmes, en général, ont besoin d’être rassurées, tout autant que les hommes ont besoin de désirer. Et la situation financière stable est notre équivalent d’un bonnet 90D.
A chacun ses envies, ses craintes… et ses faiblesses.
Sondage :
Est-ce que la « vénalité » supposée des femmes est quelque chose qui vous répugne, ou est ce que vous le comprenez ?